APPEL À COMMUNICATIONS
XXIVe colloque interuniversitaire en communication de l’AéMDC
Les 16 et 17 avril 2026 à l’Université du Québec à Montréal

Cette année encore, l’Association des étudiant·es à la maîtrise et au doctorat en communication (AéMDC) a le plaisir d’inviter la communauté étudiante de l’UQAM, et des autres universités, à son colloque interuniversitaire annuel. Sous le thème de « Déconstruire et reconstruire les frontières de la recherche en communication : le sensible, le libre et le décolonial », l’édition 2026 se tiendra les 16 et 17 avril à l’UQAM.
Thématique du colloque
Lorsque la polarité s’installe, elle crée non seulement un espace de séparation, mais aussi un entre-deux fertile où se déploient rencontres, négociations et résistances. Les frontières géographiques, linguistiques, culturelles et épistémiques sont dès lors plus que des lignes qui séparent, mais des lieux de conflits, d’expériences et surtout, de créations. Ces espaces délimités relèvent d’une construction coloniale qui n’est ni naturelle, ni fixe, ni neutre. Le terme « frontière » est en soi né d’un consentement d’humains ayant décidé de tracer des limites et des distinctions entre territoires (Mignolo, 2012).
En s’inspirant de « la pensée frontalière », nous cherchons à surmonter les préjugés associés aux conceptions occidentales. Ainsi, les sociétés perçues comme « inférieures » peuvent penser à leur existence « à l’intérieur de leurs frontières épistémologiques et ontologiques propres » (Mignolo, 2012). Mignolo précise qu’adopter une « épistémologie décolonisée » revient à « apprendre à ne pas apprendre afin de réapprendre et de construire ». Nous insistons donc sur la frontière comme une construction coloniale qui ne permet pas de penser librement la communication relative et située. Culioli (1986) précise l’importance de bâtir au-delà de la frontière, un « extérieur » qui prend la forme d’un « seuil ou une zone de métamorphose et de transformation ».
Ces frontières épistémiques se retrouvent également dans les délimitations de la discipline. En effet, la recherche en communication trouve ses racines théoriques et méthodologiques dans « diverses disciplines » (Fuentes cité dans Serrano, 2018). Selon Bautier (2007), la communication est avant tout une production et une diffusion de sens. Dans cette optique, « la pensée décoloniale consiste à s’engager dans la création et la transformation du savoir à la frontière, au sein et à partir des disciplines » (Mignolo, 2012). Ainsi, la communication ne se limite pas à des échanges verbaux, à des transmissions d’informations ou à des signes. Elle est aussi une expérience sensorielle qui émerge dans les gestes, les silences, les émotions, les images et les sons. Elle est l’espace où prennent forme des savoirs incarnés, sensoriels et surtout situés (Haraway, 1988).
Déconstruire et reconstruire les frontières en communication, c’est faire circuler la communication qui vit dans un entre-deux. C’est contester l’ordre épistémique dominant en invitant une nouvelle perspective : ce n’est plus seulement analyser le message, mais le ressentir, le vivre et le créer. Cette approche met en évidence l’importance épistémologique des émotions, des affects, de la mémoire et des expériences vécues, des domaines qui ont longtemps été négligés dans la recherche académique occidentale.
Ce colloque vise à réapprendre à faire de la recherche en communication en la déconstruisant et en ouvrant de nouvelles pistes alternatives vers une approche plus critique. Que vous soyez engagé·es dans une démarche de recherche générale ou en recherche-création, ce colloque est un espace d’échanges entre différentes méthodes et perspectives de recherche.
Voici quelques pistes de réflexion communicationnelles que nous vous invitons à considérer :
- Nouvelles approches en communication interculturelle
- Les coutumes et la pluralité des savoirs
- La communication intergénérationnelle
- Les règles et les interdits
- Les communautés imaginées
- La limite entre nations, villes, peuples, individus
- L’entre-deux comme espace de rencontre et de résistance
- Communication affective et politique des émotions
- Recherche-création et / ou méthodologies sensibles
- Art, mémoire et trauma
Proposer une communication
Pour proposer une communication, écrivez-nous avant le 22 février 2026 à 23h59 au aemdc.colloque@gmail.com. Gardez en tête que votre présentation devra durer de 15 à 20 minutes.
Votre proposition doit contenir les éléments suivants :
- Prénom, nom
- Adresse courriel
- Université, programme d’études et cycle d’études
- Titre provisoire de la communication (100 caractères maximum)
- Résumé de la présentation (250 mots maximum)
- Accord préalable (vous devrez accepter l’entente suivante; vous pouvez copier/coller le paragraphe suivant dans votre courriel afin d’indiquer que vous l’acceptez) :
J’accepte que l’Association des étudiant·es à la maîtrise et au doctorat en communication de l’UQAM (AéMDC-UQAM) utilise certaines de mes informations personnelles (nom, prénom, université, programme et cycle d’étude) dans la promotion et les communications relatives à l’organisation de son XXIVe colloque interuniversitaire en communication.
Un colloque ouvert à tous·tes !
Le colloque interuniversitaire en communication de l’AéMDC a pour vocation d’initier à la communication scientifique dans un cadre convivial et formateur. Nous invitons donc tous·tes les étudiant·es des cycles supérieurs souhaitant se prêter au jeu à nous faire part de leur proposition, quels que soient leurs expériences et leurs champs d’études. Toutes les propositions seront évaluées par le comité scientifique du colloque. Un panel libre par jour est également prévu afin d’accueillir les thématiques en dehors du thème de cette édition.
Le colloque se veut un événement inclusif et accessible. D’ailleurs, les lieux où se tiendra le colloque sont accessibles pour les personnes à mobilité réduite. N’hésitez pas à communiquer avec le comité organisateur si vous avez des besoins particuliers qui pourraient faciliter votre participation.
Bibliographie :
Culioli, A. (1986). La frontière. Cahiers Charles V, 8(1), 161-169. https://www.persee.fr/doc/cchav_0184-1025_1986_num_8_1_984
Ibtissame, E. H., & Boumazzou, I. (2024). Le pouvoir des échanges créatifs : fusion de la communication interpersonelle, sociale et artistique. Journal des Sciences de l’Information et de la Communication, 1(1), 34-40.
Haraway, D. (1988). « Situated Knowledges: The Science Question in Feminism and the Privilege of Partial Perspective ». Feminist Studies, 14(3), 575‑599. https://doi.org/10.2307/3178066
Mignolo, W. (2012). Decolonizing western epistemology/building decolonial epistemologies. Decolonizing epistemologies: Latina/o theology and philosophy, 19-43. https://tce520o.laurendeidra.com/wp-content/uploads/2022/02/Week-2-Decolonizing-Epistemologies.pdf
Mignolo, W. (2013). Géopolitique de la sensibilité et du savoir.(Dé) colonialité, pensée frontalière et désobéissance épistémologique. Mouvements, 73(1), 181-190. https://shs.cairn.info/revue-mouvements-2013-1-page-181?tab=texte-integral s
Serrano, Y. (2018). Approches épistémologiques de la communication et de l’analyse des médias en Amérique latine: indépendance intellectuelle et transformation sociale. Revue française des sciences de l’information et de la communication, (15). https://journals.openedition.org/rfsic/5179
